[ ce mois-ci ]

 jan juillet-août 2017 

A l'intérieur de son travail de création et de recherche, Laurent Pichaud privilégie l'inscription d'un geste chorégraphique dans des champs non spécifiquement artistiques.
Durant ce printemps 2017, il prolonge ainsi sa démarche mon nom des habitants en collaboration avec le CDC Uzès danse et l'Association Sentiers –, dans le village de Lamelouze dans les Cévennes,
fête la publication de la traduction de Mon corps, ce bouddhiste de la chorégraphe Deborah Hay, suite à ses recherches sur la question du littéraire comme espace de documentation et de transmission du geste dansé en partenariat avec la Manufacture de Lausanne,
et déploie sa place d'artiste au sein du champ pédagogique en tant que professeur associé au département danse de l'université Paris 8 - St Denis, et comme artiste chercheur associé au Master exerce de Montpellier.

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    PUBLICATION 
collection Nouvelles Scènes/La Manufacture, Les Presses du Réel.
Traduction et ublication : Mon corps, ce bouddhiste, Deborah Hay

  
 

 2-3-4 juillet 

Lamelouze
résidence : mon nom des habitants
Nouvelle étape du projet au long cours mon nom des habitants 2014 • 2018, et dans le cadre d'une résidence de deux ans de Laurent Pichaud avec l'association Sentiers, l'équipe artistique sera présente durant  l'automne et l'hiver dans le village de Lamelouze dans les Cévennes gardoises. Comme à chaque étape de ce projet de territoire, c'est la rencontre avec la municipalité et ses habitants qui va offrir le cadre et le contexte artistique d'épanouissement.
Après un premier temps de rencontres en septembre avec Madame le Maire et différents habitants, après un temps d'enquêtes en octobre, cette nouvelle présence sur place permet de continuer de s'immerger dans le village et ses spécificités et d'interroger les traces mémorielles présentes sur le territoire — l'histoire du monument aux morts lui-même, par exemple, créé dans les années 90 en remplacement d'une plaque commémorative encore présente dans le temple, mais aussi les traces d'une exposition de 2014 qui retraçait le parcours des 7 morts de 1914 dont les noms figurent sur le monument, ou encore le site de Peyraube, nécropole néolithique surplombant la vallée.

Petit à petit, se met à jour ainsi un imaginaire artistique qui trouvera forme dans l'hiver ou au printemps 2017, mais qui suite à une rencontre publique  de restitution d'enquête sur le monument aux morts auprès des habitants le samedi 10 décembre dernier, accélère le plaisir de continuer d'enquêter sur le monument aux morts du village. Désiré au milieu des années 90, construit 5 ans plus tard, il est un cas intéressant pour les artistes et chercheurs du projet : qui, comment, pourquoi décide et crée finalement un tel monument et à quelles nécessités et désirs répond-il.
En ce mois de juillet, le vidéaste Thomas Bernardet et Laurent Pichaud organisent trois journées de tournage dans le village avec un groupe d'habitants. Deux projets vidéo sont en effet filmés : une pratique mémorielle, L'effort de mémoire, où un groupe d'habitants éprouvent en direct comment mémoire et oubli co-existent dans un même instant, ainsi que  Lire un monument, vidéo permettant de donner à entendre et à voir comment la pratique de ce projet, depuis 2006, offre des outils de lecture sur la pensée et les choix de construction de tout  monument aux morts.
 
 
    28 juillet 2017 
Figuière Festival
La Londe les maures, 22h30
interprétation dans la pièce de Martine Pisani : sans
Depuis ses débuts dans les années 1990, Martine Pisani aime déjouer le spectaculaire, tout en interrogeant la liberté et la pertinence du mouvement. Entre être et jouer, entre spontanéité et écriture, elle cherche à brouiller les frontières, à trouver la bonne distance. Sa pièce sans n’échappe pas à cette griffe résolument joueuse.
Soit trois hommes, sur un plateau nu. Pas de scénographie donc, même si l’église Saint-Étienne où se tiendra la représentation offrira un cadre et une acoustique singuliers à ce trio sans partition musicale. Une pièce sans narration tangible non plus, même si les trois hommes se révèleront par moment plutôt loquaces. Et sans souci de transition, ils s’amuseront allègrement avec les ruptures et la pratique du coq à l’âne, pour mieux nous servir une danse aussi décomplexée qu’enjouée.
Créé il y a 17 ans, ce trio orchestré par Martine Pisani n’en finit pas de tourner depuis. Une gageure, presque. Son goût pour l’absurde et pour l’auto-dérision, sa simplicité apparente et l’espièglerie qui se dégage de ses interprètes en font un objet à la fois insaisissable, irrésistible et sans… péremption !